Le vent a soufflé toute la nuit, et ça continue au réveil: mes chaussettes mouillées s’envolent direction Åndalsnes si je ne les pose pas sous un cailloux. C’est désagréable de mettre un pantalon mouillé, des chaussettes mouillées, dans des chaussures mouillées, surtout quand à la fin, on s’aperçoit qu’on a mis son pantalon à l’envers.

Après ce réveil difficile vient le moment de plier la tente, et là, on met 10 fois plus de temps que d’habitude. On a peur de la voir s’échapper pour finir quelques kilomètres plus loin, donc on s’allonge dessus à tour de rôle pendant que l’autre la roule. De loin, on doit passer pour des bipèdes bizarres (de près aussi en fait).

On prend la direction d’Isforden qui est à 5km d’Åndalsnes. Il y a quelques éclaircies et le ciel est visible, c’est la classe (les nuages qui nous entouraient la veille ont disparu). La descente est pour une fois simple mais je réussi à me casser la gueule quand même. On retrouve des prairies, elles sont tellement balayées par le vent qu’elles ressemblent à une mer verte, en un peu moins bien quand même.

On arrive à Isforden où tout est fermé (on est Dimanche, mais on gardait secrètement un espoir de trouver quelque chose d’ouvert), les rues sont désertes et on ne croise pas beaucoup d’âmes. On longe le fjord pour rejoindre Åndalsnes, accompagnés par la pluie, l’odeur du sel marin, des mouettes, et des montagnes: tout ça en l’espace de quelques kilomètres, ça change des journées à marcher dans la tundra rousse. On fini par suivre une piste cyclable prise en sandwich entre une autoroute et un fjord.

La fatigue, la désillusion du Dimanche, la faim, … tout ça contribue à expliquer notre réaction lorsque l’on découvre sur le bord de la route un bout de carton avec le logo McDonald’s dessus. Une lueur d’espoir renaît dans nos coeurs, accessoirement accompagnée d’un gros gargouilli. Ça nous remotive et on continue à allure plus vive.

Arrivés à Åndalsnes, pas de McDonald’s, mais on trouve le moyen de manger dans un “Kiosk” des trucs gras dont je n’ai pas pris la peine de noter ce que c’était, mais dont mon estomac se souvient, accompagné d’une boisson bizarre. On prend nos billets de train pour Dombås dans la foulée vu qu’ici c’est la civilisation et qu’on est devenus sauvages. On préfère trouver un endroit dans une forêt à proximité de Dombås.

Faltad achète 9 bolles (les gateaux à la canelle) à la gare “pour le soir”, 30 minutes plus tard, il n’en reste que la moitié. On en a pour 1h20 de train, principalement occupé d’étudiants qui passaient le week-end dans leurs familles avant de probablement retourner sur Oslo. Le train longe la rivière de la Rauma, encadré de montagnes qui font peur (parmi lesquelles figure Trollstigen, réputée pour le wingsuit).

On arrive à Dombås, avec un sentiment de nostalgie. Il pleut, on est mouillés, les arbres ont roussi depuis le départ, ça sent la fin du voyage, et … ET! LE BUNNPRIS EST OUVERT! Je saute littéralement de joie sous la pluie en voyant la lumière du magasin. On court de peur qu’il ne ferme le temps qu’on arrive, et on y dépense nos dernières couronnes, pour changer dans des cookies, des chips, du chocolat, et pour vraiment changer, dans une boisson bizarre qui a l’air cool, des galettes norvégienne qui ressemblent à des galettes norvégienne, et du guacamol.

Il pleut toujours et il commence à faire nuit, on se redirige vers la forêt où on a commencé l’aventure, sur le passage je trouve des bois de rennes, mais comme ils font 4/5 kilos, je me dis que ce n’est pas la peine d’espérer les ramener dans l’avion, dommage.

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